R.R.A.C

Le protocole de Récupération Rapide Après Chirurgie, ou R.R.A.C., ou Fast TRACK, ou Rapid Recovery permet dans un premier temps un retour immédiat et indolore aux habitudes calmes et autonomes d’hygiène et de repas en post opératoire de toutes les chirurgies même importantes, que ce soit, ligamentoplasties, prothèses de genou, prothèses de hanche, chirurgies de l’hallux valgus, arthroscopies, ostéotomies… ce qui permet des hospitalisations très courtes et de plus en plus dirigées vers l’ambulatoire, pour un retour

rapide, confortable et autonome à domicile.

Mais dans un deuxième temps ce protocole permet aussi de raccourcir les délais de reprise des activités plus intensives et sportives.

 

Ce protocole  RRAC est basé sur 2 actions :

Rien ne sert de courir, il faut partir à temps.

 

La première, indispensable sans quoi rien n’est possible, c’est l’infiltration d’un (ou plusieurs) analgésique local dans les tissus de l’intervention pendant la chirurgie par le chirurgien, pour qu’à votre réveil de l’anesthésie la gêne de l’intervention soit très proche de zéro, ainsi vous serez immédiatement autonome pour la vie quotidienne.

 

Il y a 2 avantages à mettre le médicament antalgique dans le site opératoire et pas seulement par la perfusion, ou par la bouche. D’abord c’est que 100% du médicament est au bon endroit pour agir. Et que d’autre part mettre 100% du médicament à l’endroit où démarre la douleur, « étouffe cette douleur dans l’œuf ». Ainsi quand l’efficacité de l’infiltration s’amenuise la gêne se réveille peu et les médicaments standards de la douleur par la bouche (per os) suffisent à continuer à la maîtriser. C’est le principe de la « Local Infiltration Analgesia » chère au monde anglo-saxon et que la France a curieusement découvert sur le tard. Depuis l’année 2000 de nombreuses études faciles à retrouver sur internet en tapant « local infiltration analgésia » révèlent l’efficacité de cette méthode et ses principes, alors que la première étude française sur le sujet ne date que de 2013.

 

Le deuxième bras actif de ce protocole c’est le patient lui-même et sa maîtrise de sa prise en charge basé sur les principes de « l’ éducation thérapeutique » :

En connaissant les principes de la chirurgie et les capacités de son corps à récupérer et à cicatriser le patient va lui-même (évidemment avec l’aide de thérapeutes, chirurgiens, infirmier(e)s, kinésithérapeutes,…) pouvoir introduire ce que ce que son corps est capable de supporter, ni trop tôt, ni trop tard, au bon moment pour ne pas retarder mais favoriser  la cicatrisation.

 

Dans cette période de récupération il y a 2 phases qui sont liées aux délais de cicatrisation du corps humain. Il est important de noter que le délai de cicatrisation optimale de la plupart des tissus (tendon, muscle, os, aponévrose,…) est d’environ 6 semaines. Aussi vouloir faire quelque chose de brutal ou d’intensif avant ces 6 semaines risque de prolonger cette période de cicatrisation et même de remettre les compteurs à zéro de la cicatrisation, ce qui conduit à chaque fois à repousser la cicatrisation de … 6 semaines ! D’où les suites parfois très prolongées de certains sans pouvoir reprendre le sport.

Un exemple tout simple : si vous vous faites une coupure sous le pied et que vous continuez à marcher dessus elle ne cicatrisera pas et même pourra s’infecter à la longue…

 

Par contre si l’on respecte et favorise cette période de cicatrisation de 6 semaines, avec un retour progressif à vos habitudes, sans brutalité, alors le démarrage de la musculation douce peut se faire autour de la 4e semaine et  le démarrage des activités physiques et sportives plus intensives peut se faire dès la 7e semaine. Comment favorise-t-on la cicatrisation, c’est simplement du bon sens : par le repos, néanmoins certainement pas un repos strict pendant 6 semaines. D’abord vous ne serez pas immobilisés, surtout pas !

 

Mais vous pratiquerez le repos « relatif » et le retour progressif aux simples habitudes de la vie quotidienne, et à l’utilisation de votre membre,  favorisé les premières semaines, non pas par des exercices surajoutés à cette simple utilisation, souhaitable et nécessaire de ce membre, mais favorisé par ce que l’on appelle la physiothérapie antalgique, drainante et décontracturante, et le conseil thérapeutique nouvelles méthodes pratiquées par les thérapeutes, participant encore plus à vous soulager, à faire dégonfler le site opératoire, à vous donner confiance et donc à favoriser l’utilisation de votre membre et à obtenir ce délai optimal de cicatrisation complète, avec un corps qui devient complètement opérationnel dès la fin de cette 6e semaine.

 

Certains pourraient s’inquiéter de la perte musculaire que pourrait induire une telle période de repos. D’une part le repos n’est pas du tout strict et la réutilisation des muscles est immédiate, mais simplement douce et progressive. D’autre part l’immobilisation (et je vous rappelle qu’il n’y a pas d’immobilisation), n’est pas le seul facteur de la perte musculaire, mais le facteur à ne pas négliger de la fonte musculaire est la douleur. Or vous serez quasi indolore grâce à la « Local Infiltration Analgesia » et au repos relatif qui peut se traduire aussi par activité quotidienne non intensive doucement et progressivement reprise sans réveiller la gêne au cours de la période de cicatrisation.

Puis vous pourrez alors travailler en toute quiétude votre musculature, dont la sollicitation intensive ne mettra plus en péril votre cicatrisation tissulaire terminée.

 

Si lors de ce type de prise en charge vos suites opératoires ne sont pas simples et relativement confortables, cela n’est pas normal et il faut alors contacter votre chirurgien.